BAROIS (se dirigeant vers son bureau).—Je vous laisse... Serez-vous ce soir boulevard Saint-Michel?

DIVERSES VOIX.—Oui...

BAROIS.—Je vous apporterai mon travail avant de le porter à Roll. Nous le reverrons ensemble. A ce soir...


Une heure plus tard.
La salle de rédaction est vide. Les employés sont partis. Le garçon de bureau balaye, en attendant l'heure de la fermeture.
Barois travaille dans son cabinet.
Brusquement, la porte s'ouvre: Julia blême, le visage angoissé; et, en même temps qu'elle, par la porte ouverte, une rumeur étrange.

JULIA.—Monsieur Barois ... une émeute ... Vous entendez...

Barois, surpris, gagne les pièces qui donnent sur la rue. Il ouvre une fenêtre et se penche dans la nuit.

Un murmure confus.

La flamme jaune d'un réverbère, toute proche, l'aveugle. Ses yeux s'habituent peu à peu à l'obscurité: devant lui, la chaussée est encore déserte; mais, là-bas, entre les façades d'ombre, coule une masse noire qui bourdonne.

Il s'apprête à descendre, par curiosité. Le brouhaha se rapproche; des chants; quelques cris: