«Excusez-moi de vous attrister une fois de plus à ce sujet, et croyez, cher Monsieur l'Abbé, à mes sentiments de respectueuse sympathie.
Jean Barois.»
II
Salle à manger du Dr Barois.
La fin du dîner.
LE DOCTEUR (se levant de table).—Vous m'excusez, monsieur Schertz? (L'abbé et Jean se sont levés.) Il faut que je sois à Passy à neuf heures, pour une consultation... Je regrette de ne pas prolonger cette soirée auprès de vous, j'ai été tout à fait heureux de faire votre connaissance.—Allons, bonsoir mon petit. Au plaisir de vous revoir, monsieur Schertz... (Souriant.) Et croyez moi, je tiens beaucoup à mon idée: il faut agir d'abord, et réfléchir ensuite; la jeunesse d'aujourd'hui, elle réfléchit trop, et, n'ayant pas agi, elle réfléchit mal...
La chambre de Jean.
L'abbé est assis dans un fauteuil bas, les jambes croisées, les coudes sur les bras du siège, les mains jointes sous le menton.
L'abbé Schertz: trente et un ans.
Un corps plat et long, gaîné dans la soutane. De grands bras musclés, aux gestes pleins de mesure.
Une tête osseuse et forte. Un teint blanchâtre. Un front fuyant, qu'exagère le port des cheveux noirs, plantés haut, et rejetés en arrière. Le visage, dénudé par le rasoir, est rendu plus glabre encore par la pauvreté des sourcils. Dans l'ombre, sous l'encorbellement rectiligne des arcades, une paire d'yeux clairs et précis; des prunelles vert-de-gris, entre des cils noirs. Le nez long, rattaché aux maxillaires par deux sillons mobiles. Les lèvres fines et gaies; par instants, blêmes et comme figées.