PORTAL.—Vous n'êtes pas exigeant, Barois...

BAROIS.—C'est pourtant très clair. Suivez-moi: le général de Boisdeffre va venir, puisqu'on est allé expressément le chercher. Dès les premiers mots, Labori va l'acculer à une impasse. Il ne pourra pas refuser de verser la pièce aux débats.

Ceci fait, on la discutera, et elle ne résistera pas longtemps à un examen approfondi. Alors l'État-Major, convaincu d'avoir apporté un faux à la barre, c'est le revirement immédiat de l'opinion! C'est la révision avant trois mois!

Il parle avec des gestes rapides, d'un ton incisif. Son œil rayonne d'insolence orgueilleuse. Tout son être palpite d'espoir.

LUCE (gagné par cet entrain).—Peut-être.

BAROIS (avec un grand rire clair).—Non, non, ne dites pas: peut-être. Cette fois, je suis certain que nous la tenons!

ZOEGER (cynique, à Barois).—Et si le général de Boisdeffre trouve un biais? Ce ne serait pas la première fois...

BAROIS.—Après ce qui s'est passé? Ce n'est plus possible... Vous avez bien vu que le général Gonse a couvert le général de Pellieux.!

WOLDSMUTH (qui s'était échappé à la suspension d'audience, et qui se glisse de nouveau à sa place).—Voilà des nouvelles... L'audience va reprendre. Le général de Boisdeffre vient d'arriver en voiture!

BAROIS.—Vous l'avez vu?