«Tant que je t'ai aimé, je t'ai appartenu, sans restriction. Mais depuis que j'en aime un autre, je te le dis avec franchise, tu ne peux plus exister pour moi. Je te préviens loyalement; c'est ma façon de te prouver jusqu'au bout mon estime.
«Quand tu liras ce mot, j'aurai repris la libre disposition de moi-même. Tu es assez énergique et trop intelligent pour ne pas comprendre, et pour te diminuer par une souffrance inutile.
«Moi je resterai toujours ton amie,
Julia.»
Il rentre rue Jacob et se laisse choir tout habillé sur son lit.
Une douleur aigüe, personnelle, malsaine, s'est greffée sur l'autre, sur ce vaste découragement qui l'a épuisé. Ses tempes sont lourdes et brûlantes.
Soudain, dans cette chambre, mille souvenirs sensuels... Un désir éperdu de revivre, à quelque prix que ce soit, certains instants précis... Il se soulève, hagard, mordant ses lèvres, tordant ses bras; puis il retombe en sanglotant sur son lit.
Il se débat, quelques secondes encore, comme un suicidé qu'un remous emporte...
Puis tout sombre en un noir sommeil.
Un coup de sonnette le réveille, le rejette, d'un saut égaré, en plein désespoir.