WOLDSMUTH (effaré).—Je ne sais pas ... je dis ça...

Barois reste assis, les bras raidis, les poings crispés, la tête en avant, le cerveau vide.

WOLDSMUTH (que ce silence épouvante).—Mon pauvre ami... Je me mêle de ce qui ne me regarde pas... J'ai tort... Mais j'arrive justement... Je voudrais vous aider à moins souffrir...

Sans répondre, sans le regarder, Barois enfonce sa main dans sa poche et lui tend la lettre de Julia.

Woldsmuth la lit avidement, et sa respiration devient sifflante; à travers la barbe, ses lèvres ont un tremblement flasque.

Puis il replie le feuillet, et vient s'asseoir à côté de Barois; maladroitement il lui entoure la taille de son bras trop petit.

WOLDSMUTH.—Ah, cette Julia... Je sais... On souffre, on souffre... On voudrait tuer!

(Avec un sourire poignant.) Et puis ça passe...

Tout à coup, sans faire un mouvement, il commence à pleurer, doucement, intarissablement,—comme on ne peut pleurer que sur soi-même.

Barois l'examine. Ces paroles, cet accent, ces larmes... Il soupçonne, et presqu'en même temps, il découvre la vérité.