Elle essaye de sourire, mais cette voix affectueuse lui donne envie de pleurer.
Dans le cabinet, Barois allume toutes les lumières et avance gaiement un fauteuil, sur le bord duquel Marie s'assied.

Il se sent aussi gêné qu'elle,—et ridicule, à cause de son âge.
Marie:

Le front est étroit, un peu bombé. Une peau de brune, avec des roseurs transparentes et des pourpres soudaines, d'un éclat de fleur. Des yeux clairs et sans douceur, d'un gris bleu inattendu sous les sourcils noirs, qui ont le même dessin tourmenté que ceux de son père. Le menton accuse une volonté d'homme. Mais la finesse du nez, la gaieté qui erre autour de la bouche, corrigent ces duretés.

Le charme d'une jeunesse saine et fière.

BAROIS.—Oui, je comprends très bien que ce soit dur, très dur, cette séparation, Paris, cet appartement inconnu ... et puis moi..... (Elle esquisse un mouvement de politesse intimidée.) Si, si, je me rends bien compte..... Moi-même, tenez, je suis là, devant vous, je ne sais plus comment dire ce que je pense... (Elle sourit gentiment. Il s'enhardit.) Et pourtant, c'est vous qui avez eu l'idée de passer deux mois ici... Je n'aurais jamais osé le demander... Eh bien, vous y voilà, il n'y a aucune raison pour que nous ne fassions pas bon ménage... Aucune, n'est-ce pas?

Elle tente un visible effort.

MARIE.—Non, mon père.

Il pense avec humeur: «Comme au confessionnal.»

Sa physionomie devient sérieuse.

BAROIS.—Je ne sais pas du tout ce que ... on vous a raconté sur moi...