La vallée de Chamonix! Que de souvenirs s'attachent à cet étroit couloir serré entre le Mont-Blanc et le Brévent, qui s'étend de l'est à l'ouest sur 23 kilomètres, du col de la Voza au col de Balme. Quelle fascination n'a-t-elle point exercée depuis l'époque lointaine où le Mont-Blanc s'appelait déjà dans les anciens textes «rupes quae vocatur Albae».
Parc du Fayet-St-Gervais.
Et depuis sa révélation, que de visites et que d'hommages rendus au petit village savoyard isolé du reste du monde dans le «campus munitus» d'où il tirera son nom.
A l'origine, c'est l'incertitude. Tout ce que l'on peut affirmer, à la suite de Charles Durier, c'est qu'un peuple d'origine celtique a vécu à l'ombre du grand Mont. Puis une pierre plate, de forme régulière, trouvée dans le vallon marécageux de Larioz, portant une inscription romaine et une date précise, permet de penser qu'il y a dix-huit siècles, la vallée de Chamonix avait connu la civilisation gallo-romaine. Et c'est à nouveau le silence jusqu'au XIe siècle. Alors pour nous, commence l'histoire. On sait, en effet, par un acte en date du pontificat d'Urbain II que le comte Aymar de Genève, concéda au Prieuré qu'avaient fondé les Bénédictins de Saint-Michel-de-Cluze «toute l'étendue du pays comprise entre le torrent de la Diosaz, le Mont-Blanc et le Col de Balme».
Sallanches.—Gorges de Levaux.