Le Fayet.
Mais Chamonix ne sera pas seulement apte à recevoir ses visiteurs. Il sera à même de leur fournir des guides. Ses chasseurs de bouquetins et de chamois ont, en effet, mille fois parcouru les roches avoisinantes; de leur côté les chercheurs de cristaux ont poussé leurs investigations sur les hauteurs, dont ils ont en certains points aménagé l'accès. Chasseurs et chercheurs apparaîtront donc aux premiers visiteurs, comme des hommes nés pour les guider dans la montagne. La destinée de Chamonix allait se réaliser d'elle-même: la montagne avait enfanté ceux qui allaient la vaincre.
Servoz.
Fleurs de neige.
Le premier amant qui se présente est un gentilhomme anglais de 23 ans: William Windham. De Genève, où il séjourne en 1741, il a été séduit par l'éclat «des glacières du Faucigny» qu'il apercevait des bords du lac, resplendissants dans l'azur du ciel. «Il est vraiment dommage, s'était-il dit, qu'une si grande merveille ne soit pas connue.» Et il était venu à elle insouciant des dangers que les prudents Genevois lui avaient signalés, et malgré «la terrible description qu'on lui avait faite». Il met trois jours pour atteindre Chamonix. Le quatrième jour, guidé par des paysans, des chasseurs et des «crystalliers» il gagne le Montenvers par un sentier, qui déjà à cette époque avait été ouvert, et que l'on appelait le sentier des crystalliers. Il atteint la partie inférieure du glacier de Tacul, qui portera plus tard le nom de Mer de glace, et après avoir séjourné une demi-heure sur cette glace qu'il compare à un lac subitement figé, il gagne Chamonix, puis Genève déclarant «sa curiosité pleinement satisfaite».