Dans la vallée de Chamonix.

Leur passion n'est d'ailleurs point jalouse des concurrents. Ils ne vont pas à la montagne comme à une course ou à un pari; ils vont à elle simplement, parce qu'elle les attire l'un par l'intérêt scientifique, l'autre par l'intérêt artistique. Durant vingt-sept années, Bourrit et Saussure vont tenter l'ascension par les voies les plus diverses. Les phases de cet assaut, décrites avec fougue par Bourrit, dépeintes avec une précision, qui n'est point exempte de poésie par Saussure, auront un énorme retentissement dans le monde. L'opinion publique va suivre les péripéties de cette lutte et s'y intéresser à tel point, qu'au lendemain de sa conquête, le nom du Mont-Blanc était sur toutes les bouches.

Une chapelle à Servoz.

A vrai dire, les premiers visiteurs qu'attire la victoire définitive ne dépassent guère le Montenvers; il est le belvédère d'élection où viennent prendre contact avec la montagne, les souverains, les poètes, les écrivains, les savants et la foule. Bientôt l'affluence est telle que Bourrit songe à aménager le Montenvers.

Dès 1795, un édifice est terminé: il est dédié à la «Nature». Désormais le Montenvers est aménagé; il est accommodé au goût du jour, il va être à la mode.