Dans les Séracs du Géant.

Dès l'époque quaternaire le mont semble avoir eu la forme qu'il présente aujourd'hui: celle d'une formidable pyramide quadrangulaire, dont la face Nord regarde la vallée de l'Arve et dont les trois autres faces ne sont visibles que du côté Italien.

Observons le Mont-Blanc depuis Chamonix: on voit le glacier des Bossons, dont la base atteint presque le bord de l'Arve, se prolonger à sa partie supérieure par un berceau de neige enserré entre le Dôme du Goûter à l'Ouest et la ligne des rochers des grands Mulets à l'Est. La vallée neigeuse s'élève jusque sous la cime, sans ressaut apparent, sans pente impressionnante et il semble que la remontée de ce vaste couloir ne doive demander que de la patience. Vers le haut il s'élargit en un large cirque d'où il paraît que l'on peut facilement gagner soit l'arête Ouest, qui vient de l'Aiguille du Goûter, soit l'arête Est, qui joint le Mont-Maudit et l'Aiguille du Midi. D'en bas on jurerait qu'une fois sur l'arête on sera au sommet en une facile enjambée.

Anémones de montagne.

Comme tout est commode, depuis la vallée, lorsqu'on regarde le Mont avec une jumelle, assis commodément dans un fauteuil, tandis qu'autour de soi la vie bourdonne joyeuse. Cependant combien d'années, et hélas combien d'existences faudra-t-il sacrifier pour réaliser la conquête et asseoir définitivement les divers itinéraires par lesquels on accède au sommet.