Ascension de Saussure (d'après une vieille gravure).

La fin du XVIIIe siècle va voir s'ouvrir la lutte entre le Mont et l'homme. Bourrit et de Saussure lancent le défi à la montagne, l'un par amour de la nature, l'autre par amour de la science.

«Dans mes premières courses à Chamonix, en 1760 et 1761, dit de Saussure, j'avais fait publier dans toutes les paroisses de la Vallée, que je donnerais une récompense assez considérable à ceux qui trouveraient une route praticable pour y parvenir.»

C'est sur cette promesse que vont commencer les tentatives. Période héroïque qui durera vingt-cinq années.

C'est d'abord en contournant le Mont-Blanc par l'Est, à travers le Glacier du Géant qu'on va tenter de forcer le passage: non point tant parce que la voie paraît plus facile, mais parce que la région est mieux explorée. Depuis longtemps, en effet, les crystalliers vont par le Montenvers et la Mer de glace chercher des quartz dans le cirque de Talèfre au pied des Droites et des Courtes; de là ils ont aperçu la calotte du Mont qui paraissait toute proche. Ignorants de la montagne ils croient au début qu'ils pourront atteindre directement ce qui paraît si près des yeux. Mais les crystalliers se heurtent au Mont-Maudit et se rendent vite compte que le Mont-Blanc est inaccessible pour eux par cette voie.

Le cirque de Talèfre.