L'Aiguille de Bionnassay, vue de l'arête des Bosses.

Sous les pieds de l'alpiniste s'ouvrent les scabreuses mais belles routes d'Italie; quelles descentes émouvantes à tenter dans les à pics formidables de la Brenva. A une heure de marche du sommet se dresse le Mont-Blanc de Courmayeur avec sa vue plongeante sur le versant italien. C'est par là qu'il faut descendre si l'on veut éprouver toutes les angoisses de la mort, mais seulement si l'on est alpiniste de tout premier ordre. Qui se douterait à voir ces prodigieux escarpements au-dessus du Glacier de la Brenva, bordé des Aiguilles de Peteret, que ce soit un lieu de passage? Et cependant dès 1863, d'intrépides alpinistes n'hésitaient pas à en tenter la montée. Cette escalade ardue fut ce qu'elle paraissait devoir être; elle se termina par une terrible chevauchée sur un mur de glace vive, arête glacée tellement étroite que les pieds ne trouvaient plus la place de se poser, sur laquelle on avançait à califourchon.

Caravane scientifique montant au Dôme du Goûter.

Aujourd'hui, l'itinéraire est mieux précisé, mais il subsiste avec ses dangers dont le principal consiste dans des chutes de séracs.