++ Au sommet.

D'autres voies moins périlleuses conduisent en Italie. L'une, que l'on pourrait qualifier d'internationale, suit l'arête Est du Mont-Blanc, et, par les Petits Mulets, le Mur de la Côte, le Mont-Maudit, les pentes neigeuses du Mont-Blanc de Tacul, aboutit au refuge du Col de l'Aiguille du Midi. De là, on descend sans aucune difficulté par la vallée blanche et le glacier supérieur du Géant, au col du même nom, puis à Courmayeur par la croupe du Mont-Frety.

Le Mont-Blanc, vu de Courmayeur.

Une autre voie d'ascension part de Courmayeur, remonte le cours de la Doire dans la direction du gracieux lac Combal et du Col de la Seigne. Puis elle remonte le Glacier de Miage sur sa rive gauche le long des contreforts du Mont du Brouillard; elle traverse enfin la base de l'affluent le plus méridional du Glacier de Miage, appelé Glacier du Mont-Blanc et rejoint au Sud-Est de la Tourette non loin des Bosses, la route de Saint-Gervais.

De ce côté, les variantes sont nombreuses, leur tracé peut changer suivant les saisons et les années au gré des caprices de la glace. Car le glacier est capricieux, et ses oscillations tendent perpétuellement à modifier les itinéraires et les aspects de la montagne au-dessous du sommet du Mont-Blanc.

Seule, la cime reste intangible, éternelle, telle qu'elle apparut à la fin de l'époque quaternaire, défiant les éléments, le temps et l'homme. Depuis des siècles, immuable dans le ciel profond, la coupole de glace brille infiniment pure. Un jour, l'homme essaya de lui imprimer définitivement son empreinte et il voulut surélever le sommet glacé de quelques mètres par une misérable cahutte de bois, péniblement dressée, dans laquelle il avait enfermé pour l'hiver des instruments de physique. Afin d'assurer la solidité de l'édifice il avait voulu creuser jusqu'au rocher que depuis la fin du temps pliocène, la neige dérobe aux regards de l'homme. Mais la neige a gardé son secret! l'homme alors a ingénieusement amarré son édifice sur la glace elle-même. Insensiblement, en quelques années, la selle de glace s'est dérobée, la construction a marché vers l'abîme. Alors, l'homme a piteusement enlevé les débris, avant que le glacier inférieur ne les happe. La neige a retrouvé sa virginité, et le sommet l'altitude que les forces réunies de la nature lui ont imposé depuis des milliers de siècles.