Arrivés au logis, elle me fit voir la chambre qu’elle me destinait: dans l’arrière-boutique; bien chaude, et sous son aile.
La bonne fille me traitait comme l’enfant à la mamelle. Le lit était tout prêt: fin duvet et draps frais. Et sur la table, dans un verre, un bouquet de bruyères. Je riais dans mon cœur, amusé et touché; pour la remercier, je me dis:
—Brave Martine, je vais la faire enrager. Alors je déclarai tout net:
—Cela ne me convient pas.
Elle me montra, vexée, les autres chambres au rez-de-chaussée. Je ne voulus d’aucune, et j’arrêtai mon choix sur un petit réduit mansardé, sous le toit. Elle poussa les hauts cris, mais je lui dis:
—Ma belle, c’est comme tu voudras. À prendre ou à laisser. Ou je m’installe ici, ou je retourne au «coûta».
Fallut bien qu’elle cédât. Mais tous les jours depuis, et à toute heure du jour, elle revenait à la charge:
—Tu ne peux pas rester là; tu serais mieux en bas; dis-moi ce qui te déplaît; enfin, tête de bois, pourquoi ne veux-tu pas?
Je répondais, narquois:
—Parce que je ne veux pas.