—Sain comme un chou cabus.
—Et nul ne t’a fait noise?
—Nul, hors un troupeau d’oies, qui sifflaient après moi. De me voir sortir sauf de ce trouble danger, ils en respiraient mieux et m’aimaient davantage. Je dis:
—Regardez bien. Ouais, je suis au complet. Tous les morceaux y sont. Non, il n’y manque rien. Voulez-vous mes lunettes?... Çà, en voilà assez! Demain, vous verrez plus clair. L’heure nous presse, allons, laissons les fariboles. Où pouvons-nous causer?
Gangnot dit:
—Dans ma forge.
Dans la forge à Gangnot, sentant la corne, au sol pétri par les sabots des chevaux, nous nous tassâmes dans la nuit, comme un troupeau. Porte fermée. Un lumignon, posé à terre, faisait danser sur la voûte noire de fumée nos grandes ombres ployées au cou. Tous se taisaient. Et brusquement, tous à la fois parlèrent. Gangnot prit son marteau et frappa son enclume. Le coup troua le bruit des voix; par la déchirure, le silence rentra. J’en profitai, je dis:
—Ménageons notre souffle. Je sais déjà l’histoire. Les brigands sont chez nous. Bien! Mettons-les dehors.
Ils dirent:
—Ils sont trop forts. Les flotteurs sont pour eux.