Rosa, intimidée, dit:

—Pardon... Christophe... je suis entrée... je t'apportais...

Il vit qu'elle tenait un objet à la main.

—Voilà, dit-elle, en le lui tendant. J'ai demandé à Bertold qu'il me donnât un souvenir d'elle. J'ai pensé que cela te ferait plaisir...

C'était une petite glace d'argent, le miroir de poche, où elle se regardait, pendant des heures, moins par coquetterie que par désœuvrement. Christophe le saisit, saisit la main qui le lui tendait:

—Oh! Resi!... fit-il.

Il était pénétré par sa bonté et par le sentiment de sa propre injustice. D'un mouvement passionné, il s'agenouilla devant elle et lui baisa la main:

—Pardon... pardon... dit-il.

Rosa ne comprit pas d'abord; puis, elle comprit trop bien; elle rougit, elle se mit à pleurer. Elle comprit qu'il voulait dire:

«Pardon si je suis injuste... pardon si je ne t'aime pas... pardon si je ne puis pas... si je ne puis pas t'aimer, si je ne t'aimerai jamais!...»