Ils montaient la colline au-dessus de la ville. Gottfried dit avec bonté:

—Ce n'est pas la dernière fois, mon petit. On ne fait pas ce qu'on veut. On veut, et on vit: cela fait deux. Il faut se consoler. L'essentiel, vois-tu, c'est de ne pas se lasser de vouloir et de vivre. Le reste ne dépend pas de nous.

Christophe répétait avec désespoir:

—Je me suis parjuré!

—Entends-tu? dit Gottfried...

(Les coqs chantaient dans la campagne.)

—Ils chantaient aussi pour un autre qui s'est parjuré. Ils chantent pour chacun de nous, chaque matin.

—Un jour viendra, dit Christophe amèrement, où ils ne chanteront plus pour moi... Un jour sans lendemain. Et qu'aurai-je fait de ma vie?

—Il y a toujours un lendemain, dit Gottfried.

—Mais que faire, s'il ne sert à rien de vouloir?