—Que de sottises ils lui font dire!
Vers trois heures, Christophe rentra, tout guilleret. Il avait déjeuné avec Arsène Gamache, et sa tête était un peu brouillée par le champagne qu'il avait bu. Il ne comprit rien aux inquiétudes d'Olivier, qui lui demandait anxieusement ce qu'il avait dit et fait.
—Ce que j'ai fait? Un fameux déjeuner. Il y avait longtemps que je n'avais aussi bien mangé.
Il lui raconta le menu.
—Et des vins... J'en ai absorbé de toutes les couleurs. Olivier l'interrompit, pour lui parler des convives.
—Les convives?... Je ne sais pas. Il y avait Gamache, un homme tout rond, franc comme l'or; Clodomir, l'auteur de l'article, un garçon charmant; trois ou quatre journalistes que je ne connais pas, très gais, tous bons et charmants pour moi, la crème des braves gens.
Olivier n'avait pas l'air convaincu. Christophe était étonné de son peu d'enthousiasme.
—Est-ce que tu n'as pas lu l'article?
—Si. Justement. Et toi, est-ce que tu l'as bien lu?
—Oui... C'est-à-dire, j'ai jeté un coup d'œil. Je n'ai pas eu le temps.