—Eh bien, lis donc un peu.

Christophe lut. Aux premières lignes, il s'esclaffa.

—Ah! l'imbécile! fit-il.

Il se tordait de rire.

—Bah! continua-il, tous les critiques se valent. Ils ne connaissent rien.

Mais à mesure qu'il lisait, il commençait à se fâcher: c'était trop bête, on le rendait ridicule. Qu'on voulût faire de lui «un musicien républicain», cela n'avait aucun sens... Enfin, passons sur cette calembredaine!... Mais qu'on opposât son art «républicain» à «l'art de sacristie» des maîtres venus avant,—(lui qui se nourrissait de l'âme de ces grands hommes),—c'était trop...

—Bougres de crétins! Ils vont me faire passer pour un idiot!...

Et puis, quelle raison d'éreinter, à son sujet, des musiciens français de talent, qu'il aimait plus ou moins,—(et plutôt moins que plus),—mais qui savaient leur métier et y faisaient honneur? Et,—le pire,—on lui prêtait des sentiments odieux à l'égard de son pays!... Non, cela ne pouvait se supporter...

—Je m'en vais leur écrire, dit Christophe.

Olivier s'interposa.