Ils causaient innocemment, avec une joie affectueuse. Et Christophe, en parlant, prit la main de Grazia. Et brusquement, ils s'arrêtèrent tous deux: car Grazia s'aperçut que Christophe l'aimait. Et Christophe s'en aperçut aussi...

Autrefois, Grazia avait aimé Christophe sans que Christophe s'en souciât. Maintenant, Christophe aimait Grazia; et Grazia n'avait plus pour lui qu'une paisible amitié: elle aimait un autre. Comme il arrive souvent, il avait suffi que l'une des deux horloges de leurs vies fût en avance sur l'autre pour que toute leur vie, à tous deux, fût changée...

Grazia retira sa main, que Christophe ne retint point. Et ils restèrent, un moment, interdits, sans parler.

Et Grazia dit:

—Adieu.

Christophe répéta sa plainte:

—Et ainsi, c'est fini?

—C'est mieux sans doute, que les choses soient ainsi.

—Ne nous reverrons-nous pas, avant votre départ?

—Non, dit-elle.