—Vous savez bien ce que je veux dire.

Elle était un peu troublée; mais elle lui prit les mains et le regarda franchement:

—Non, mon ami, dit-elle avec tendresse.

Il ne put parler. Elle vit qu'il était affligé.

—Pardon, je vous fais de la peine. Je savais que vous me diriez cela. Il faut nous parler en toute vérité, comme de bons amis.

—Des amis, dit-il tristement. Rien de plus?

—Ingrat! Que voulez-vous de plus? M'épouser?... Vous souvenez-vous d'autrefois, lorsque vous n'aviez d'yeux que pour ma belle cousine? J'étais triste alors que vous ne compreniez pas ce que je sentais pour vous. Toute notre vie aurait pu être changée. Maintenant, je pense que c'est mieux, ainsi; c'est mieux que nous n'ayons pas exposé notre amitié à l'épreuve de la vie en commun, de cette vie quotidienne, où ce qu'il y a de plus pur finit par s'avilir...

—Vous dites cela, parce que vous m'aimez moins.

—Oh! non, je vous aime toujours autant.

—Ah! c'est la première fois que vous me le dites.