—Depuis quand es-tu revenu?

—Depuis le commencement d'octobre.

—Et tu as mis trois semaines pour te décider à venir?... Écoute, dis-moi franchement: c'est ta mère qui t'empêche?... Elle n'aime pas que tu me voies?

—Mais non! tout au contraire. C'est elle qui m'a dit aujourd'hui de venir.

—Comment cela?

—La dernière fois que je vous ai vu, avant les vacances, je lui ai tout raconté, en rentrant. Elle m'a dit que j'avais bien fait; elle s'est informée de vous, elle m'a fait beaucoup de questions. Quand nous sommes rentrés de Bretagne, il y a trois semaines, elle m'a engagé à retourner chez vous. Il y a huit jours, elle me l'a rappelé de nouveau. Et ce matin, quand elle a su que je n'étais pas encore venu, elle a été fâchée, elle a voulu que je vinsse tout de suite après déjeuner, sans plus attendre.

—Et tu n'as pas honte de me raconter cela? Il faut qu'on te force à venir chez moi?

—Non, non, ne croyez pas!... Oh! je vous ai fâché! Pardon... C'est vrai, je suis étourdi... Grondez-moi, mais ne m'en veuillez pas. Je vous aime bien. Si je ne vous aimais pas, je ne serais pas venu. On ne m'a pas forcé. Moi, d'abord, on ne me force jamais à faire que ce que je veux faire.

—Garnement! dit Christophe, en riant malgré lui. Et tes projets musicaux, qu'est-ce que tu en as fait?

—Oh! j'y pense toujours.