Il demanda:
—Pourquoi?
Et avant qu’elle ne l’eût dit, il avait déjà mieux compris ses raisons de partir.—Il se crut obligé pourtant à les rediscuter. Elle lui mit sur la bouche sa main. Il baisa cette main, avec une colère passionnée... Ah! combien il l’aimait! Il était humilié des pensées qui étaient en lui. Ne les avait-elle pas vues?... Et la main douce et moite qui lui caressait les lèvres, semblait dire:
—Je n’ai rien vu...
D’un village lointain le tintement de cloches arrivait, par bouffées... Après un long silence, Annette soupira... Allons, cette fois, c’est la fin... Elle dit, à mi-voix:
—Roger, il faut rentrer...
Leurs corps se déprirent. Agenouillé devant le lit, il appuya son front sur les pieds nus d’Annette. Il voulait lui prouver:
—Je suis à toi.
Mais il ne parvenait pas à chasser son arrière-pensée.
Il sortit de la chambre, laissant Annette se rhabiller. En l’attendant, il s’accouda sur un mur de la petite cour d’entrée, écoutant vaguement les bruits de la campagne et goûtant l’heure passée. Les idées importunes s’étaient éclipsées. Il jouissait du bonheur de l’orgueil et des sens apaisés. Il était fier de lui. Il pensa: