—Peut-être! A l’occasion!.....

—Vous trouvez cela bien peu, n’est-ce pas?... C’est plus que vous ne croyez... Mais je n’aime pas à promettre plus... (peut-être ce sera moins)... que je ne pourrais tenir. Je ne sais pas d’avance... Il faut se faire crédit. Nous sommes des honnêtes gens. Nous nous aimons, Roger. On fera tout ce qu’on peut.

Il leva les bras, de nouveau:

—Tout ce qu’on peut!...

Elle sourit, et reprit:

—Voulez-vous me faire crédit? J’ai besoin d’y faire appel. J’ai beaucoup à demander...

Il fut prudent:

—Dites!

—Je vous aime, Roger; mais je voudrais être vraie. J’ai vécu, depuis l’enfance, assez seule, et très libre. Mon père me laissait une grande indépendance, dont je n’abusais point, parce qu’elle me semblait tout à fait naturelle, et parce qu’elle était saine. J’ai pris ainsi des habitudes d’esprit, dont il m’est difficile maintenant de me passer. Je me rends compte que je suis un peu différente de la plupart des jeunes filles de ma classe. Et pourtant, je crois que ce que je sens, elles le sentent aussi; j’ose seulement le dire, et j’en ai une conscience plus claire.—Vous me demandez d’unir ma vie à la vôtre. C’est mon souhait. C’est, pour chacune de nous, le vœu le plus profond, de trouver le cher compagnon. Et il me semble que vous pourriez l’être, Roger... si... si vous vouliez...

—Si je voulais! dit-il, la bonne plaisanterie! Je ne fais que le vouloir!...