Elles causaient ainsi depuis longtemps, quand Sylvie se souvint qu'elle était venue pour faire la leçon, et non pour chanter un duo. Elle dit:
—Annette, assez de folies! Il y a temps pour tout. Roger te doit le mariage. Et tu dois l'exiger.
Annette fit un geste lassé.
—Pourquoi revenir là-dessus? Je t'ai dit que Roger me l'a offert, et que j'ai refusé.
—Eh bien, quand on a été sot, il faut savoir le reconnaître et changer.
—Je n'ai aucune envie de changer.
—Pourquoi ne veux-tu pas? Cet homme, tu l'aimais. Je suis sûre que tu l'aimes encore. Qu'est-ce qui s'est passé?
Annette ne voulait pas répondre. Sylvie insistait, cherchant indiscrètement au désaccord des raisons d'ordre intime. Annette eut un mouvement violent. Sylvie la regarda, et fut stupéfiée. Annette avait la bouche méchante, le sourcil froncé, l'œil irrité.
—Qu'est-ce que tu as?
—Rien, fit Annette, se détournant avec emportement.