—Annette, finissons-en! Il y a eu des torts, des deux côtés.
Annette, orgueilleuse, n'en admettait pas du sien. Forte—trop forte—de son droit, et n'oubliant pas l'injustice, elle dit:
—De mon côté, il n'y a rien.
Sylvie n'aimait pas à faire la moitié du chemin, et qu'on ne vînt pas au-devant. Elle dit, d'un ton vexé:
—Quand on a eu des torts, il faut avoir au moins le courage de les reconnaître.
—Je reconnais les tiens, dit Annette, obstinée.
Sylvie, se fâchant, déballa les vieux reproches amassés. Annette répliquait avec hauteur. Elles allaient se dire les plus dures vérités. Sylvie, qui n'était pas patiente, fit le mouvement de se lever pour partir; mais elle se rassit, en disant:
—Tête de bois! Il n'y aura jamais moyen de la faire convenir qu'elle n'avait pas raison!
—Lorsque ce n'est pas vrai! fît l'autre, intransigeante.
—Au moins, par politesse, pour que je n'aie pas tort toute seule!