[42] Contemporaine, et peut-être inspiratrice, parfois, de ces œuvres est son intimité très tendre avec la jeune cantatrice berlinoise Amalie Sebald, qu’il connut à Tœplitz, en 1811 et 1812.
[43] Bien différent de lui en ceci, Schubert avait écrit en 1807 une œuvre de circonstance, «en l’honneur de Napoléon le Grand», et en dirigea lui-même l’exécution devant l’Empereur.
[44] «Je ne vous dis rien de nos monarques et de leurs monarchies», écrit-il à Kauka pendant le Congrès de Vienne. «Pour moi, l’empire de l’esprit est le plus cher de tous: c’est le premier de tous les royaumes temporels et spirituels.» (Mir ist das geistige Reich das Liebste, und der Oberste aller geistlichen und weltlichen Monarchien.)
[45] «Vienne, n’est-ce point tout dire?—Toute trace du protestantisme allemand effacée; même l’accent national, perdu, italianisé. L’esprit allemand, les manières et les mœurs allemandes, expliquées par des manuels de provenance italienne et espagnole.... Le pays d’une histoire falsifiée, d’une science falsifiée, d’une religion falsifiée.... Un scepticisme frivole, qui devait ruiner et ensevelir l’amour de la vérité, et de l’honneur, et de l’indépendance!...» (Wagner, Beethoven, 1870.)
Grillparzer a écrit que c’était un malheur d’être né Autrichien. Les grands compositeurs allemands de la fin du XIXᵉ siècle, qui ont vécu à Vienne, ont cruellement souffert de l’esprit de cette ville livrée au culte pharisien de Brahms. La vie de Bruckner y fut un long martyre. Hugo Wolf, qui se débattit furieusement, avant de succomber, a exprimé sur Vienne des jugements implacables.
[46] Le roi Jérôme avait offert à Beethoven un traitement de six cents ducats d’or, sa vie durant, et une indemnité de voyage de cent cinquante ducats d’argent, contre l’unique engagement de jouer quelquefois devant lui, et de diriger ses concerts de musique de chambre, qui ne devaient être ni longs, ni fréquents. (Nohl, XLIX.) Beethoven fut tout près de partir.
[47] Le Tancrède de Rossini suffit à ébranler tout l’édifice de la musique allemande. Bauernfeld, cité par Ehrhard, note dans son Journal ce jugement qui circulait dans les salons de Vienne, en 1816: «Mozart et Beethoven sont de vieux pédants; la bêtise de l’époque précédente les goûtait; c’est seulement depuis Rossini qu’on sait ce que c’est que la mélodie. Fidelio est une ordure; on ne comprend pas qu’on se donne la peine d’aller s’y ennuyer.»
Beethoven donna son dernier concert, comme pianiste, en 1814.
[48] La même année, Beethoven perdit son frère Carl: «Il tenait beaucoup à la vie, autant que je perdrais volontiers la mienne», écrivait-il à Antonia Brentano.
[49] A part sa touchante amitié avec la comtesse Maria von Erdödy, toujours souffrante comme lui, atteinte d’un mal incurable, et qui perdit subitement en 1816 son fils unique. Beethoven lui dédia, en 1809, ses deux trios, op. 70, et en 1815-1817, ses deux grandes sonates pour violoncelle, op. 102.