[68] Beethoven, harassé par les tracas domestiques, la misère, les soucis de tout genre, n’écrivit en cinq ans, de 1816 à 1821, que trois œuvres pour piano (op. 101, 102, 106). Ses ennemis le disaient épuisé. Il se remit au travail en 1821.

[69] Février 1824. Signèrent: prince C. Lichnowski, comte Maurice Lichnowski, comte Maurice de Fries, comte M. de Dietrichstein, comte F. de Palfy, comte Czernin, Ignace Edler de Mosel, Charles Czerny, abbé Stadler, A. Diabelli, Artaria et C., Steiner et C., A. Streicher, Zmeskall, Kiesewetter, etc.

[70] «Mon caractère moral est reconnu publiquement»,—dit fièrement Beethoven à la municipalité de Vienne, le 1ᵉʳ février 1819, pour revendiquer son droit de tutelle sur son neveu. «Même des écrivains distingués, comme Weissenbach, ont jugé qu’il valait la peine de lui consacrer des écrits.»

[71] En août 1824, il était hanté de la crainte de mourir brusquement d’une attaque, «comme mon cher grand-père, avec qui j’ai tant de ressemblance», écrit-il, le 16 août 1824, au docteur Bach.

Il souffrait beaucoup de l’estomac. Il fut très mal pendant l’hiver de 1824-1825. En mai 1825, il eut des crachements de sang, et des saignements de nez. Le 9 juin 1825, il écrit à son neveu: «Ma faiblesse touche souvent à l’extrême.... L’homme à la faux ne tardera pas à venir.»

[72] La Neuvième Symphonie fut exécutée pour la première fois, en Allemagne, à Francfort, le 1ᵉʳ avril 1825; à Londres, dès le 25 mars 1825; à Paris, au Conservatoire, le 27 mars 1831. Mendelssohn, âgé de dix-sept ans, en donna une audition sur le piano, à la Jaegerhalle de Berlin, le 14 novembre 1826. Wagner, étudiant à Leipzig, la recopia tout entière de sa main; et, dans une lettre du 6 octobre 1830 à l’éditeur Schott, il lui offre une réduction de la symphonie, pour piano à deux mains. On peut dire que la Neuvième Symphonie décida de la vie de Wagner.

[73] «Apollon et les Muses ne voudront pas me livrer déjà à la mort; car je leur dois tant encore! Il faut qu’avant mon départ pour les Champs-Élysées, je laisse après moi ce que l’Esprit m’inspire et me dit d’achever. Il me semble que j’ai à peine écrit quelques notes.» (Aux frères Schott, 17 septembre 1824.—Nohl, Neue Briefe, CCLXXII.)

[74] Beethoven écrit à Moscheles, le 18 mars 1827: «Une Symphonie entièrement esquissée est dans mon pupitre, avec une nouvelle ouverture.» Cette esquisse n’a jamais été retrouvée.—On lit seulement dans ses notes:

«Adagio cantique.—Chant religieux pour une symphonie dans les anciens modes (Herr Gott dich loben wir.—Alleluja), soit d’une façon indépendante, soit comme introduction à une fugue. Cette symphonie pourrait être caractérisée par l’entrée des voix, soit dans le finale, soit dès l’adagio. Les violons de l’orchestre, etc., décuplés pour les derniers mouvements. Faire entrer les voix une à une; ou répéter en quelque sorte l’adagio, dans les derniers mouvements. Pour texte de l’adagio, un mythe grec, [ou] un cantique ecclésiastique, dans l’allegro, fête à Bacchus.» (1818)

Comme on voit, la conclusion chorale était alors réservée pour la Dixième et non pour la Neuvième Symphonie.