[184] On remarquera que, dans le reproche qu'il adresse à Tolstoï, M. de Vogüé, à son insu, reprend, pour son compte les expressions mêmes de Tolstoï. «A tort ou à raison, disait-il, pour notre châtiment peut-être, nous avons reçu du ciel ce mal nécessaire et superbe: la pensée... Jeter cette croix est une révolte impie.» (Le Roman russe, 1886.)—Or Tolstoï écrivait à sa tante, la comtesse A.-A. Tolstoï, en 1883: «Chacun doit porter sa croix... La mienne, c'est le travail de la pensée, mauvais, orgueilleux, plein de séduction.» (Corresp. inéd. p. 4.)
[185] Que devons-nous faire? p. 378-9.
[186] Il en arrivera même à justifier la souffrance,—non seulement la souffrance personnelle, mais la souffrance des autres. «Car c'est le soulagement des souffrances des autres qui est l'essence de la vie rationnelle. Comment donc l'objet du travail pourrait-il être un objet de souffrance pour le travailleur? C'est comme si le laboureur disait qu'une terre non labourée est une souffrance pour lui.» (De la Vie, ch. XXXIV-XXXV.)
[187] 23 février 1860. Corresp. inédite, p. 19-20.—C'est en quoi l'art «mélancolique et dyspeptique» de Tourgueniev lui déplaisait.
[188] Cette lettre du 4 octobre 1887 a paru dans les Cahiers de la quinzaine, 1902, et dans la Correspondance inédite, 1907.
Qu'est-ce que l'art? parut en 1897-98; mais Tolstoï y pensait depuis quinze ans, soit depuis 1882.
[189] Je reviendrai sur ce point à propos de la Sonate à Kreutzer.
[190] Son intolérance s'était accrue depuis 1886. Dans Que devons-nous faire? il n'osait pas encore toucher à Beethoven (ni à Shakespeare). Bien plus, il reprochait aux artistes contemporains d'oser s'en réclamer. «L'activité des Galilée, des Shakespeare, des Beethoven n'a rien de commun avec celle des Tyndall, des Victor Hugo, des Wagner. De même que les Saints Pères renieraient toute parenté avec les papes.» (Que devons-nous faire? p. 375.)
[191] Encore voulait-il partir avant la fin du premier. «Pour moi, la question était résolue. Je n'avais plus de doute. Il n'y avait rien à attendre d'un auteur capable d'imaginer des scènes comme celles-ci. On pouvait affirmer d'avance qu'il n'écrirait jamais rien qui ne fût mauvais.»
[192] On sait que, pour faire un choix parmi les poètes français des écoles nouvelles, il a cette idée admirable de «copier, dans chaque volume, la poésie qui se trouvait à la page 28»!