[193] Shakespeare, 1903.—L'ouvrage fut écrit, à l'occasion d'un article d'Ernest Crosby sur Shakespeare et la classe ouvrière.

[194] (Exactement:) «La Neuvième Symphonie n'unit pas tous les hommes, mais seulement un petit nombre d'entre eux, qu'elle sépare des autres.»

[195] «C'était là un de ces faits qui se produisent souvent, sans attirer l'attention de personne, ni intéresser—je ne dis pas l'univers—mais même le monde militaire français...»

Et plus loin:

«Il fallut quelques années, avant que les hommes s'éveillassent de leur hypnotisme et comprissent qu'ils ne pouvaient nullement savoir si Dreyfus était coupable on non, et que chacun a d'autres intérêts plus importants et plus immédiats que l'Affaire Dreyfus.» (Shakespeare, trad. Bienstock, p. 116-118.)

[196] «Le Roi Lear est un drame très mauvais, très négligemment fait, qui ne peut inspirer que du dégoût et de l'ennui.»—Othello, pour lequel Tolstoï montre quelque sympathie, sans doute parce que l'œuvre s'accordait avec ses pensées d'alors sur le mariage et sur la jalousie, «tout en étant le moins mauvais drame de Shakespeare, n'est qu'un tissu de paroles emphatiques». Le personnage d'Hamlet n'a aucun caractère; «c'est un phonographe de l'auteur, qui répète toutes ses idées, à la file». Pour la Tempête, Cymbeline, Troïlus, etc., Tolstoï ne les mentionne qu'à cause de leur «ineptie». Le seul personnage de Shakespeare qu'il trouve naturel est celui de Falstaff, «précisément parce qu'ici la langue de Shakespeare, pleine de froides plaisanteries et de calembours ineptes, s'accorde avec le caractère faux, vaniteux et débauché de cet ivrogne répugnant».

Tolstoï n'avait pas toujours pensé ainsi. Il avait plaisir à lire Shakespeare, entre 1860 et 1870, surtout à l'époque où il avait l'idée d'écrire un drame historique sur Pierre I. Dans ses notes de 1869, on voit même qu'il prenait Hamlet pour modèle et pour guide. Après avoir mentionné ses travaux achevés, Guerre et Paix, qu'il rapprochait de l'idéal homérique, Tolstoï ajoute:

«Hamlet et mes futurs travaux: poésie du romancier dans la peinture des caractères.»

[197] Il range dans «l'art mauvais» ses «œuvres d'imagination». (Qu'est-ce que l'Art?)—Il n'excepte pas de sa condamnation de l'art moderne ses propres pièces de théâtre, «dénuées de cette conception religieuse qui doit former la base du drame de l'avenir.»

[198] (Ou, plus exactement:) «C'est la direction du cours du fleuve.»