La Présidente. — Je vous conseille de vous plaindre en vérité. Nous allons vous initier aux délicieux mystères de notre société, dont vous serez bientôt une des adeptes les plus enthousiastes.
Elle prend alors des mains de Jane une belle verge nouée avec des rubans bleu et or et elle en cingle légèrement le derrière nu de la victime en lui disant : « Maintenant, priez-moi de vous fouetter convenablement et demandez pardon de votre ridicule résistance. »
Lucrétia (sérieusement effrayée et d'une voix tremblante). — Oh! Est-ce bien vrai? Est-il possible que je doive être cruellement fouettée?
La Présidente. — Tenez! En voilà la preuve, entêtée que vous êtes. C'est trop perdre de temps! Tenez! Tenez! Tenez!
Chaque mot est accompagné de bons coups de verge dont les traces s'entrecroisent sur la surface des fesses, semant des roses à la place des lys. Et miss Coote continue : « Dans une minute ou deux, vous jugerez sans doute qu'il vaut mieux vous soumettre sans simagrées et demander pardon. »
La victime. — Ah! Ah! Oh la! Hola! c'est affreux! Oui! Oui! Je regrette ce que j'ai dit, mais la verge me cingle si fort qu'on ne mesure pas ses paroles. Oh! je vous en prie, pardonnez-moi… punissez-moi comme je l'ai mérité, Ah! Ah! Ah! miséricorde.
En prononçant ses mots sans suite, elle se démène et se tortille sous les piquantes cinglades qui ont déjà marbré de pitoyable façon sa peau sensible et délicate.
La Présidente. — Très bien! Voilà comme il faut parler! Mais maintenant que vous allez être une des nôtres, il faut nous dire si vous avez un amoureux.
Un coup plus cinglant que les précédents ponctue cette question. La victime rugit : « Ah! Ahhh! Oh! C'est horrible. On dirait une lame brûlante qui me déchire la peau. En vérité, je n'ai pas d'amoureux… s'il est interdit d'en avoir. »
Mais, comme elle pose instinctivement les pieds sur le premier barreau de l'échelle pour soulager la tension pénible de ses poignets, elle reçoit en travers des mollets une furieuse cinglade qui la fait hurler de plus belle.