La victime. — Ah! Ahhh! C'est trop de barbarie! Juste quand je pensais être au bout de mes épreuves et que j'éprouvais une chaleur exquise à mon derrière. Non vraiment, je ne pensais plus à mon amant!
En disant ces derniers mots, elle baisse les yeux et rougit comme une pivoine.
La Présidente (sévèrement). — Ainsi vous persistez dans vos mensonges? Sachez que nous sommes au courant de ce qui s'est passé entre le jeune Aubrey et vous. Allons, la vérité et vivement, sinon je découpe des lanières dans la chair de vos fesses. N'essayez pas de nous tromper. Nous connaissons les effets de la verge et les douces sensations qu'elle procure.
Tout en parlant, la présidente fait siffler la verge sur les malheureuses fesses où elles dessinent de longs sillons entrecroisés. S'excitant à sa besogne, la fouetteuse semble éprouver à chaque coup qu'elle applique, une sensation exquise. Les cris et les supplications de Lucrétia sont une délicieuse musique pour elle et pour les spectatrices qui ne dissimulent pas leur voluptueuse émotion. La victime hurle de souffrance, elle se tortille et contorsionne ses fesses et tout son corps, sans souci de la décence sous la furieuse correction dont on la gratifie.
Les assistantes ont, tout d'abord, observé la scène avec la plus stricte attention, mais, peu à peu, leur sang circulant plus fort dans leurs veines amène à leurs joues une rougeur intense, et, bientôt, sous une commune impulsion, les huit dames, Jane et Mary comprises, prennent chacune une longue verge faite de brins souples fraîchement cueillis et forment un cercle autour de la présidente qui continue à flageller la victime sur son échelle. Chacune relève ses jupes sous son bras et s'expose entièrement nue depuis la taille jusqu'aux genoux ; c'est un délicieux bouquet de blanches fesses rebondies, de cuisses nerveuses, de mollets cambrés rehaussés de bas de soie, de jolies jarretières, d'élégants souliers à boucles ou de hautes bottines ; les ventres impudemment étalés s'ornementent de toisons aux nuances variées, brun, roux, châtain ou blond. Et sans tarder, la danse commence. Sur les fesses blanches et fraîches les verges mettent bientôt une teinte rose, chacune s'évertue de son mieux à rendre au postérieur placé devant elle les cinglades que le sien reçoit. Des éclats de rire, des cris perçants, des exclamations éveillent les échos de la salle, les bras se lèvent et s'abaissent avec ardeur! Cette scène lascive se prolonge pendant trois ou quatre minutes. A ce moment, sous la verge de la présidente, la victime tombe en défaillance ; ses cris sont devenus des sanglots, puis ils s'atténuent peu à peu ; elle s'évanouit ; sa tête se renverse en arrière et son derrière n'offre plus qu'une surface à vif d'où le sang suinte et ruisselle sur la chair blanche des cuisses.
La présidente jette alors sa verge hors de service. « Allons, mesdames, dit-elle, cessez vos ébats, et aidez-moi à la ranimer. Elle reviendra bien vite à elle. Vos jolis culs sont ravissants à voir. Je veux faire partie du prochain cercle que l'on formera.
La victime est détachée de l'échelle. Sous l'action de l'eau fraîche, de sels médicinaux, et d'un large éventail, elle se ranime peu à peu. Ses yeux s'entr'ouvrent et elle regarde autour d'elle d'un air égaré : « Où suis-je, balbutie-t-elle à voix basse, quel joli rêve! » Puis, comme on lui a fait prendre un vigoureux cordial, elle s'écrie : « Ah oui! Je m'en souviens! Oh mon pauvre derrière, comme il me fait mal! Elle frotte alors ses fesses de ses deux mains et voyant qu'elles sont toutes couvertes de sang, elle sanglote nerveusement : « Quel monstre que cette miss Coote! Comme elle a l'air de se délecter de mes tortures! Ah! si jamais je tiens son derrière sous ma verge, elle s'en souviendra. »
Un bruyant éclat de rire accueille cette menace et nous nous délectons toutes de la honte et de la confusion de la pauvre Lucrétia.
— Allons, sœur Lucrétia, lui dis-je alors du courage! Il ne vous reste plus à faire que ce que nous appelons l'ascension de l'échelle. Un jour ou l'autre, vous pourrez prendre sans doute votre revanche. En attendant, vous allez voir si Louise Van Tromp est aussi sévère que moi, et vous apprécierez sans doute sa façon de manier la verge sur vos fesses écorchées. Tenez, Jane, je crois qu'elle est à point pour la seconde partie de la punition.
— Oh! vous pouvez vous fier à moi pour la faire danser comme il faut, dit alors Louise Van Tromp ; elle n'est pas à la moitié de sa confession. En disant cela, elle brandit et fait souffler une belle verge neuve aux oreilles de la victime qui manifeste une véritable terreur.