— Merci, Jane, vous avez une excellente idée, fait Louise. Eh bien, sœur Lucrétia, il faut nous raconter tout ce qui s'est passé entre vous et le jeune Aubrey. Miss Coote ne vous en a pas fait confesser la moitié.

Et elle caresse les fesses tendues de petits coups de verges. Écorchée comme est Lucrétia, ces légers coups lui sont néanmoins pénibles, car une grimace de souffrance crispe ses traits.

— Oh! oh! je vous en supplie! fait-elle, ne recommencez pas! Je vous ai dit qu'il avait pris des libertés avec moi. Que puis-je vous dire de plus? Oh! oh! ne me touchez pas, le moindre contact de la verge me fait un mal affreux.

— Alors, petite obstinée, répond Louise, pourquoi persistez-vous à ne pas dire toute la vérité? Ne l'avez-vous pas encouragé?

Cette question est accompagnée de petites cinglades qui, bien que bénignes, en comparaison des précédentes, n'en font pas moins tortiller le malheureux derrière à vif dans sa fatigante position.

Abreuvée de honte et de confusion, la figure empourprée à l'idée que tant d'yeux sont braqués sur elle, Lucrétia implore lamentablement : « Épargnez-moi, pitié! fait-elle. Puisque vous savez tout, n'insistez pas! Rendez-vous compte de mes souffrances! Songez combien est pénible une semblable confession! Ahh!! Faut-il que vous soyez barbares pour vous repaître ainsi de ma honte et de mes tortures. »

— Bah! bah! fait Louise, ce n'est pas si terrible que cela. Il faut bien souffrir quelque chose pour être des nôtres. Vous assisterez vous-même à une scène semblable quand nous recevrons une nouvelle novice. Mais vous me faites perdre mon temps. Allons! Avouez! avouez! avouez! Et trois nouveaux coups font gigoter le malheureux postérieur.

— Aïe! ah! ah!! Je vais encore m'évanouir! Il me semble qu'on me cingle la chair avec des fers rouges! fait Lucrétia d'une voix déchirante. Ah! je vous ai dit qu'il m'a séduite, et… et… je l'avoue, je n'ai pas résisté comme j'aurais pu. J'avais envie de goûter les douceurs de l'amour, et tout à l'heure, la verge de votre présidente m'a rappelé ces exquises sensations. Quand je me suis évanouie, j'ai cru, dans mon rêve, me retrouver dans les bras de mon amant.

— A la bonne heure fait Louise, en gratifiant encore Lucrétia de quelques coups de verges. Nous touchons à la vérité. Mais vous prévariquez encore et essayez d'atténuer votre culpabilité. Voyons, est-ce lui qui vous a violentée ou vous qui l'avez débauché?

— Arrêtez, arrêtez! laissez-moi parler! fait la néophyte. Je l'ai aperçu endormi, étendu dans un coin écarté de notre jardin. Il dormait si fort que je n'ai pas pu l'éveiller, mais je me suis rendu compte ensuite qu'il feignait seulement de dormir. Remarquant une forte saillie dans sa culotte, je la touchai du doigt, me demandant ce que c'était. La chose se mit alors à grossir et à se soulever et elle devint, sous l'étoffe, raide comme un bâton ; mon sang bouillait ; je ne sais pas bien comment cela a pu se faire, mais au moment où il ouvrit les yeux, me regardant en riant, j'avais dans la main son gros engin tout raide. Il se dressa, s'élança sur moi et, profitant de mon trouble, il triompha de moi sans difficultés. Mais pareille chose arrive tôt ou tard à toutes les filles amoureuses. A présent que je vous ai tout dit, ayez pitié de moi, et délivrez-moi!