Cher Monsieur,

Nous vivons à une époque si dissolue que si les jeunes filles ne sont pas maintenues sous une stricte discipline et punies lorsqu'elles le méritent, nous ne verrons bientôt plus les femmes de la ville que paradant dans les rues et les endroits de plaisir, et Dieu sait s'il y en a déjà assez dans ce cas.

Quand on a usé sans succès des moyens persuasifs, les corrections, exemptes de cruauté, mais aussi d'indulgence, s'imposent. Aucune, selon moi, n'est plus appropriée que la fessée.

Les médecins recommandent de donner la verge aux enfants pour des fautes qui proviennent d'un tempérament lourd et indolent, car rien n'est plus propre à activer la circulation du sang qu'une bonne application en pleines fesses d'une verge fraîche et souple.

A cette opinion, j'ajouterai la mienne. Je prétends que la verge produit d'aussi excellents effets sur les tempéraments brusques et nerveux. Chez ces sortes d'enfants, l'idée de honte et d'humiliation (si on les fouette devant d'autres), ajoute énormément à l'impression causée par les cinglades sur leurs fesses nues, et leur laisse un souvenir d'autant plus durable que leur intelligence est plus éveillée.

Les parents qui emploient la verge avec discernement sont infiniment plus respectés et vénérés par leurs enfants que les parents trop indulgents.

La verge qui ne brise pas les os et ne fait que froisser un peu la chair ne cause qu'un dommage insignifiant en comparaison des méfaits qu'elle peut empêcher.

Je sais qu'on l'emploie assez couramment dans les classes aisées ; mais dans celles où elle serait le plus nécessaire, les enfants sont abandonnés à leurs instincts dépravés, et, faute des châtiments nécessaires, deviennent trop souvent la honte de leurs parents…

N'est-il pas préférable de fouetter une fille quand elle est encore jeune (car les mauvaises habitudes se contractent généralement vers l'âge de douze à quinze ans) que de la voir, quand elle est plus âgée, enfermée dans une maison de correction pour des délits qu'une bonne fessée à coups de verges l'aurait empêchée de commettre?

Certains enfants sont si obstinés, et d'une nature si perverse que le fouet seul peut les amender.