Je connais une jeune veuve de la bonne société qui a trois nièces et deux neveux à sa charge ; tous ont plus de douze ans, excepté sa propre fille, qui n'en a que sept.
Une des filles est assez sage, mais les deux autres, aussi bien que les deux garçons, sont turbulentes. Mon amie est à cheval sur la discipline et réprime par la verge tous les écarts de conduite. Bien que jeune encore (elle n'a que vingt-quatre ans), elle dresse les enfants comme la plus expérimentée des maîtresses d'école pourrait le faire.
L'autre jour, la seconde fille, qui a environ quatorze ans, dit à son frère qu'elle pourrait lui montrer comment se faisaient les enfants. Et de fait, elle l'instruisit si bien que le gamin, qui n'a que treize ans, usa, quelques jours après, de privautés fort inconvenantes vis-à-vis d'une très jolie jeune fille de quinze ans, qui sert de soubrette à mon amie.
Cette fille se plaignit à sa maîtresse, qui, jugeant sa nièce aussi coupable, si ce n'est plus, que son neveu, envoya immédiatement acheter un balai de bouleau neuf, car elle avait décidé de les fouetter de belle façon.
Elle choisit dans le balai les brins les plus verts et les plus forts, et se confectionna deux belles verges. Commençant par sa nièce, elle lui épingla la chemise aux épaules et lui attacha les mains par devant pour l'empêcher de s'en protéger le postérieur. Elle lui donna alors de la verge sur les fesses aussi fort qu'elle put, et sans interruption jusqu'à ce que la fatigue de son bras l'empêchât de continuer.
S'étant reposée quelques minutes, elle s'empara alors du gamin, lui rabattit la culotte aux talons, et, avec la seconde verge, elle le fouetta à cul nu pendant dix minutes avec une telle vigueur que le jeune effronté se trémoussa et rua comme un poulain pendant dix minutes et ne cessa de hurler pendant toute la correction.
Selon moi, cette dame a agi très sagement ; une semblable correction a certainement été profitable à ces enfants, car il vaut mieux ne pas fouetter du tout un enfant que le fouetter avec indulgence.
Rendant la semaine dernière, visite à une de mes amies, grande couturière établie dans la cité, je la trouvai en proie à une violente fureur.
M'informant de la cause, elle me raconta qu'une de ses apprenties lui avait volé une grande louche en argent, et que, soupçonnant tout d'abord sa bonne, elle avait été sur le point de la faire arrêter, lorsqu'elle avait reçu une lettre d'un honnête juif qui avait mis les choses au point. L'apprentie était allée proposer la louche au brocanteur qui la lui avait achetée, mais, supposant qu'elle avait dû la voler, il l'avait fait suivre et, ayant su où elle entrait, offrait de rendre l'objet.
— Que dites-vous d'une pareille gredinerie? me fit-elle. Je ne corrige d'habitude mes apprenties qu'avec la verge, mais je viens d'acheter pour celle-ci un fouet de charretier et je vais lui en donner jusqu'à ce qu'elle n'ait plus vestige de peau sur le cul!