Dix jours après, j'étais tout à fait rétabli. Quelques jours après, j'ai reçu le cheval que l'on m'a promis à mon arrivée au Grand Caire.
Pendant deux mois, j'ai fait aucun service que d'apprendre à monter à cheval et à apprendre à lancer la lance. Après les deux mois, j'ai voyagé avec les corps des Mameloucks, dans la province d'Égypte.
Après ce dernier voyage, j'ai resté au Grand Caire pendant deux années sans faire aucun voyage.
Toute l'Égypte était gouvernée par vingt-quatre Beys: le Mourad-Bey était le premier et Ibrahim le second. Les vingt-quatre Beys faisaient, chacun à leur tour, un voyage à la Mecque, pour l'usage de la religion.
Le tour de Sala-Bey est venu. J'ai fait le voyage de la Mecque avec lui.
J'ai vu aussi le tombeau de Mahomet[42].
À notre retour de la Mecque, nous sommes arrivés jusqu'à trente lieues du Caire.
Sala-Bey apprit que les Français sont entrés au Grand Caire. Mourad-Bey a donné une grande bataille à Guiza[43], même l'avait malheureusement perdue.
Une grande partie des Mameloucks était noyée, dont mille en traversant à la nage avec leurs chevaux.
Après ça, Sala-Bey a décidé à retourner auprès de Djezzar-Pacha, à Saint-Jean d'Acre, parce qu'il n'avait pas assez de forces pour donner une bataille[44].
Djezzar-Pacha avait trouvé fort mauvais de n'avoir pas donné une affaire contre les Français, avant de quitter le pays.