—Hé! drôle! qu'est-ce-là? As-tu le diable au corps, où es-tu le diable en personne?

—Pardonnez-moi, Excellence, répondit-il; je fais un peu de vent pour mon maître le meunier; de peur de faire tourner ses moulins trop fort, je m'étais bouché une narine.

—Parbleu, me dis-je à moi-même, voilà un précieux sujet: ce gaillard-là te servira merveilleusement, lorsque, de retour chez toi, l'haleine te manquera pour raconter les aventures extraordinaires qui te sont arrivées dans tes voyages.

Nous eûmes bientôt conclu notre marché. Le souffleur quitta ses moulins et me suivit.


De peur de faire tourner ses moulins trop fort, je m'étais bouché une narine.


Il était temps que nous arrivassions au Caire. Dès que j'y eus accompli ma mission selon mes désirs, je résolus de me défaire de ma suite, maintenant inutile, à l'exception de mes nouvelles acquisitions, et de m'en retourner seul avec ces derniers, en simple particulier. Comme le temps était magnifique et le Nil plus admirable qu'on ne peut le dire, j'eus la fantaisie de louer une barque et de remonter jusqu'à Alexandrie. Tout alla pour le mieux jusqu'au milieu du troisième jour.