—Je crois comprendre, repartit George.

—Mais, cinq années, c'est prévoir bien longtemps à l'avance.

—Je crains ben que ce chêne que Billy Beartup a abattu dans Reuben's Ghyll n'en mette pas moins de sept à être bon pour le plancher du salon, dit Cloke d'une voix traînante.

—Oui? Cela me regarde, déclara Sophie. (Billy Beartup, de Griffons, bûcheron d'éducation et de naissance, fermier par infortune de mariage, avait déposé sa hache à leurs pieds un mois auparavant.) Désolée si je vous ai engagé dans une autre éternité!

—Et nous ne saurons même pas, d'ici ce temps-là non plus, si nous ne nous sommes pas mis dedans avec votre nouveau chemin de voitures», dit Cloke, toujours soucieux de tenir la balance exacte—avec une once ou deux en faveur de Sophie.

Les quatre mois passés avaient habitué George à ne pas répliquer. Le chemin carrossable, qui montait en lacets au haut de la colline, absorbait présentement tout son intérêt. Ils se mirent en route pour aller y jeter un coup d'œil, ainsi qu'à la machine à ébouer importée d'Amérique, laquelle avait comme frappé d'insolation l'âme guère ensoleillée de Skim Winch, le charretier. Mais le jeune Iggulden était appointé maintenant, et, sous sa direction, Buller et Roberts, les grands chevaux, remuaient des montagnes.

«Vous la levez comme ceci, et puis lui donnez une petite tape comme cela, expliqua-t-il à l'équipe. Mon oncle a été maître de route au Connecticut.

—Il y a donc des routes, là-bas? demanda Skim, assis sous les lauriers.

—Guère plus que des chemins d'intérêt commun. De la saleté. Cela vous irait bien, Skim.

—Pourquoi? demanda l'imprudent.