Plus d’un y est allé, et en est revenu de très mauvaise humeur, et l’esprit troublé.

— Je suis allé au Museum, dit-il, et personne ne m’a dit d’injures. Je suis allé acheter mes provisions au marché, et je me suis assis. Alors est venu un homme en uniforme qui m’a dit : « Ote-toi de là que je m’y mette ». J’ai répondu : « J’y étais le premier ». Il a dit : « Je suis un chaprassi. Va-t’en », et il m’a frappé. Or, comme cet endroit pour s’asseoir était public, je l’ai battu jusqu’à le faire pleurer. Il a couru chercher la police, et je me suis sauvé aussi, car ici tous les gens de la police sont des Sahibs. Puis-je avoir congé, à partir de deux heures, pour me mettre à la recherche de cet homme et le battre encore ?

Voyez-vous la situation ?

Une Cité inconnue, pleine d’une senteur qui vous fait rechercher le repos et la retraite, et un domestique qui ronge son frein, qui n’est pas encore depuis six heures dans le four, et qui s’est engagé dans une querelle à mort avec un Chaprassi inconnu et réclame à grands cris la permission d’aller poursuivre la dispute.

Hélas ! Où est l’illusion de l’héritage qu’on allait reprendre ?

Dormons, dormons, et prions pour que Calcutta se porte mieux demain.

Pour le moment, ce sommeil-là ressemble étonnamment au sommeil en compagnie d’un cadavre.

II
LES RÉFLEXIONS D’UN SAUVAGE

La nuit porte conseil.

Après tout, Calcutta exhale-t-il une odeur aussi empestée ?