Cette poignée de nouvelles est-elle assez émouvante, ou faut-il que je vous raconte à l’oreille l’histoire du Professeur et de la boussole ?

Plus tard, vous en saurez davantage au sujet du professeur, si toutefois je reprends la plume.

Lorsqu’il était dans l’Inde, il travaillait environ neuf heures par jour.

Aujourd’hui, vers midi, il s’est pris d’intérêt pour les cyclones et autres phénomènes de ce genre, il s’est mis en tête de descendre dans sa cabine, de se procurer une boussole et un livre de météorologie.

Il s’est mis en route, mais il s’est arrêté, les lèvres au bord d’un verre, pour réfléchir.

— La boussole est dans une malle, a-t-il dit d’un air endormi, mais l’ennuyeux c’est qu’il va me falloir tirer la malle de dessous ma couchette. Tout bien considéré, ce n’est pas la peine.

Il a flâné sur le pont, et je crois que pour le moment il est profondément endormi.

Sa voix n’avait nulle honte de sa souveraine paresse.

Je lui aurais fait des reproches, mais les mots s’éteignaient sur ma langue : j’étais plus coupable que lui.

— Professeur, dis-je, il y a à Allahabad un imbécile de petit journal qui a pour titre le Pionnier. On suppose que je lui écris une lettre — une lettre de ma plume ! Avez-vous jamais entendu pareille absurdité ?