Au Club du Pégu, je trouvai un ami, un Punjabi, sur la vaste poitrine duquel je me jetai, en lui demandant de me nourrir et de me distraire.

Peu de temps auparavant il avait reçu une visite du Commissaire de Peshawar, une localité bien inattendue, et il n’était point d’humeur à se laisser bouleverser par des arrivées imprévues.

Il avait hideusement baissé.

Quelques années auparavant, il parlait aisément la langue courante, et il était l’Un de nous.

— Daniel, combien de socques ton maître possède ?

La perche que j’allais lui tendre, s’échappa de ma main :

— Grand Dieu ! dis-je, est-il possible que vous… vous parliez à votre nauker ce dégoûtant pidgin[11]. C’est à faire pleurer. Vous ne valez pas mieux qu’un homme de Bombay.

[11] Argot Chinois.

— Je suis un Madrassi, dit-il avec calme. Ici nous parlons tous anglais à nos boys ? N’est-ce pas beau ? Maintenant venez faire un tour au Gymkhana, et nous y dînerons. Daniel, le chapeau et la canne de maître va chercher.

Il doit exister quelques centaines de gens au plus qui soient au fait des dessous de la guerre de Birmanie, — l’une des moins connues et des moins appréciées de toutes nos petites affaires.