Ici encore, les cochers sont des Madrassis.
Je devrais me rappeler à quoi ressemblait cette pagode, si je n’étais pas tombé profondément, irrévocablement amoureux d’une petite Birmane qui se trouvait au bas du premier étage des degrés.
Sans le fait que le steamer partait le même jour à midi, rien n’eût pu m’empêcher de me fixer pour toujours à Moulmeïn et d’y devenir possesseur d’une paire d’éléphants.
Ils sont si communs qu’ils se promènent par les rues, et qu’on peut, je n’en doute pas, les avoir pour un morceau de canne à sucre.
Laissant là cette jeune personne par trop aimable, je montai quelques degrés seulement, et, faisant demi-tour, je contemplai un tableau formé d’eau, d’une île, d’un beau fleuve, d’un superbe pays à pâturage, et borné par une ceinture de bois qui me fit me réjouir d’être vivant.
La pente, au-dessus et au-dessous de moi, flamboyait de pagodes, depuis celle qui était d’une dorure somptueuse, d’un vermillon splendide, jusqu’à une autre en pierre d’une délicate nuance grise qu’on venait d’achever en l’honneur d’un prêtre éminent, décédé depuis peu à Mandalay.
Bien au-dessus de ma tête, se faisait entendre un vague tintement. On eût dit des cloches en or et le babillage des brises dans les cimes des palmiers-arack.
En conséquence, je montai, je montai encore d’autres marches, et finis par arriver à une retraite de paix profonde, toute parsemée de figures birmanes d’une propreté immaculée.
Des femmes étaient là rendant leurs hommages multipliés.
Elles baissaient la tête, et leurs lèvres s’agitaient, parce qu’elles disaient des prières.