Comme le steamer remontait le fleuve, nous aperçûmes un éléphant, puis un autre activement occupés dans les chantiers de charpente qui faisaient face à la rive.
Certaines gens à l’esprit étroit, munis de jumelles, dirent qu’il y avait des mahouts sur leurs dos, mais cela ne fut jamais clairement prouvé.
Je préfère croire à ce que j’ai vu, une ville endormie, avec une seule rangée de maisons éparpillées le long d’un beau cours d’eau, et ayant pour habitants des éléphants lents, solennels, qui construisaient des barricades pour leur propre agrément.
Il y avait dans l’air une forte senteur de teck fraîchement scié — nous ne pûmes voir aucun éléphant occupé à scier — et de temps à autre le tiède silence était interrompu par le craquement de la poutre.
Lorsque les éléphants s’étaient aiguisé l’appétit pour le lunch, ils se rendaient en flânant, par couples, à leur club.
Ils ne se donnèrent pas la peine de nous envoyer leur salut non plus que les derniers journaux arrivés par la malle, ce qui nous causa un vif désappointement, mais nous reprîmes de l’entrain en voyant sur une colline une grande pagode blanche entourée d’une vingtaine de petites pagodes.
— Voilà, dîmes-nous, d’une seule voix, voilà qui indique une excursion à faire.
Et aussitôt nous frissonnâmes en pensant à notre exclamation profane, car nous tenions, par-dessus toutes choses, à ne point nous conduire comme de vulgaires touristes.
Les tikka-gharries de Moulmeïn sont trois fois plus petits que ceux de Rangoon, car les poneys ne sont pas plus gros que des moutons respectables.
Leurs cochers leur font monter et descendre la côte, et comme le gharri est extrêmement étroit, que les routes ne sont rien moins que bonnes, c’est un exercice fortifiant.