Il y a quelque chose de très fâcheux dans le caractère anglo-saxon.
A peine l’Afrique avait-elle jeté l’ancre dans les Détroits de Penang que deux de nos compagnons de voyage furent frappés de folie, en apprenant qu’à ce moment même un autre steamer partait pour Singapour.
S’ils s’embarquaient, ils gagneraient plusieurs jours.
Dieu sait pourquoi le temps leur semblait si précieux.
A cette nouvelle, ils s’élancèrent vers leurs cabines et se mirent à faire leurs malles comme si leur salut en dépendait.
Ensuite ils coururent à la coupée, et un sampan les emporta, en nage, mais heureux.
Ils faisaient un voyage d’agrément, et ils avaient peut-être gagné trois jours.
Le voilà leur agrément.
Vous rappelez-vous la description, que fait Besant[13], de l’Ile Palmiste, dans Ma fillette et Ce fut ainsi qu’ils se marièrent ?
[13] Walter Besant (1838-1902) romancier fécond, qui connut les gros succès soit seul, soit en collaboration avec James Rice.