Penang, c’est l’Ile Palmiste.

Je fis cette découverte sur le navire, en contemplant les collines boisées qui dominent la ville et les régiments de palmiers qui, à la distance de trois milles, signalaient la côte de la Province de Wellesley.

L’air était doux, chargé d’indolence, et le long des flancs du navire, des bateaux circulaient surchargés de Madrassis aux nombreux bijoux, — ceux-là même auxquels Besant fait allusion.

Un furieux coup de vent passa sur l’eau et effaça les rangées de maisons basses, couvertes en tuiles rouges, qui constituent Penang, et les ombres de la nuit succédèrent à l’orage.

Je mis dans ma poche la règle de douze pouces qui devait me servir à mesurer l’Univers, et je pleurai presque d’émotion, lorsque en mettant le pied sur la jetée, je tombai sur un Sikh, — un Sikh à barbe magnifique, avec des molletières blanches, et un fusil.

Telle l’eau froide dans un pays altéré, telle la vue d’une figure du vieux pays.

Mon ami était de Jandiala, dans le district d’Umritsar.

Je connaissais bien Jandiala, n’était-il pas vrai ?

Je me mis à lui débiter toutes les nouvelles que je pus me rappeler, au sujet des récoltes, et des armées, et des déplacements des grands personnages dans le Nord lointain.

Mon Sikh rayonnait.