Elle dominait les jardins qui descendaient là-bas en pentes et en ravines.

Les cavernes étaient entourées d’une abondante verdure et il y avait un édifice pour le mess, qui suggérait de longues et rafraîchissantes rasades, et là on se promenait autour d’un orchestre anglais.

C’étaient bien là nos nobles personnes.

Au centre, la jolie Memsahib, aux cheveux de teinte claire, aux manières enchanteresses, et la petite et rondelette Memsahib qui parle à tout le monde, qui est la confidente de tout le monde, et la vieille fille, tout récemment arrivée de la métropole, et le sous-officier nourri de haricots, bien étrillé, en veste légère, et flanqué de son fox-terrier.

Sur les bancs étaient assis le gros colonel, et l’ample juge, et la femme de l’ingénieur et le négociant avec sa famille, chacun suivant son espèce, mâles et femelles.

Je les rencontrai, et sans ce léger détail, qu’ils m’étaient absolument inconnus, je les aurais salués comme de vieilles connaissances.

Je savais de quoi ils s’entretenaient.

Je devinais aisément qu’ils examinaient du coin de l’œil leurs toilettes respectives.

Je voyais aussi les jeunes gens se retirer en arrière et se répartir, pour se promener avec les jeunes personnes et j’entendais presque les « N’êtes-vous pas de cet avis ? » et les « non vraiment » de notre conversation polie.

C’est une chose terrible que d’être installé dans une voiture de louage, d’avoir devant soi vos propres concitoyens et de savoir que tout en connaissant leur genre de vie, vous ne pouvez ni y entrer, ni y participer :