Les donzelles l’achetèrent tel qu’il était, au prix qu’il s’estimait lui-même, et j’assistai au jeu : le moyen le plus sûr d’être berné c’est de tout savoir.
Alors il y eut un intermède, et d’autres cris et hurlements, que le public, dans sa générosité, voulut bien prendre pour la preuve qu’on s’amusait énormément, et qu’on jouissait de la Vie.
De là j’allai dans un autre établissement où la tenancière avait perdu la moitié du poumon gauche, ainsi que sa toux l’indiquait, mais n’en fut pas moins amusante, dans le genre monotone, jusqu’au moment où elle laissa aussi tomber son masque, et où commencèrent les propos joyeux et les plaisanteries.
Toutes ces plaisanteries-là je les avais déjà entendues dans le premier établissement.
C’est une bien pauvre espèce de Vie que celle qui ne sait pas inventer chaque jour sa plaisanterie.
Plus que jamais le jeune homme mettait son chapeau de travers, expliquait qu’il était un vrai dessalé et qu’il n’était pas piqué des vers.
Le premier venu, qui n’aurait pas eu la tête en fer fondu, aurait été un vrai dessalé après un verre de ce champagne sirupeux.
Je comprends maintenant pourquoi les gens se croient insultés quand on leur offre un « champagne » doux.
Le second interview finit quand la tenancière, tout en toussant, nous reconduisit dans le corridor et que nous nous retrouvâmes dans l’air pur des rues silencieuses.
Elle était réellement très malade et annonça qu’elle n’avait plus que quatre mois à vivre.