— Est-ce que nous allons continuer toute la nuit cette assommante tournée ? demandai-je à la quatrième maison, où je craignais d’entendre une quatrième répétition de cette histoire trois fois ressassée ?

— C’est mieux à Frisco, mais il faut un peu faire rigoler les filles, voyez-vous. Allons, marchez, réveillez-les. C’est la Vie, cela. Vous n’avez jamais vu cela dans l’Inde ? me répondit-on.

— Non, Dieu merci, je ne l’ai pas vu. Une semaine de cette existence m’amènerait à me pendre, répliquai-je en m’adossant d’un air las à un montant de porte.

On entendait à l’intérieur le tapage des gens qui faisaient la fête cette nuit et celles qui étaient là n’avaient certes nul besoin d’être réveillées.

L’une se remettait à peine d’une noce de trois jours et l’autre allait commencer le même voyage.

La Providence me protégea tout le temps.

Une certaine beauté austère, répandue dans mes traits, avait fait croire à tout le monde que j’étais médecin ou clergyman, un clergyman comme on n’en voit guère, je suppose.

On m’épargna donc la plupart des plaisanteries trop épicées et je pus rester assis à contempler la Vie qui était si douce.

Ainsi je me rappelai l’Oxonien qui, dans Tom et Jerry, joue des gigues sur l’épinette — vous avez vu cette vieille gravure ? — pendant que le Corinthien Tom et la Corinthienne Kate dansaient une fière sarabande dans une petite chambre pourvue d’un tapis.

Ce qu’il y avait de pire, c’était que les femmes étaient de vraies femmes, et jolies, et ressemblaient à certaines personnes de ma connaissance, et quand elles cessaient un instant ce jeu insensé de raquette, elles se tenaient convenablement.