Il possédait des vaisseaux, et des quais, et des maisons et des mines, et cent autres choses.
Je lui dis donc :
— O Taipan, je suis un pauvre citoyen de Calcutta, et l’animation de votre ville me surprend. Comment se fait-il que tout le monde y sente l’argent ? D’où viennent les améliorations de votre ville ? Et pourquoi les hommes sont-ils si infatigables ?
Et le Taipan dit :
— C’est parce que l’île va hardiment de l’avant. C’est parce que tout rapporte. Jetez les yeux sur cette liste d’actions.
Il me tendit une liste de trente compagnies environ : compagnies pour le lancement de vapeurs, pour les mines, pour la fabrication de câbles, l’établissement de docks, le commerce, des compagnies pour l’exportation, pour toutes sortes d’objets.
A part cinq exceptions, toutes les actions faisaient prime, les unes de cent, d’autres de cinq cents, quelques-unes de cinquante seulement.
— Ce n’est pas du bluff, dit le Taipan. C’est sincère. Presque tous les gens que vous rencontrerez ici, sont des lanceurs d’affaires et organisent des compagnies.
Je regardai par la fenêtre, et je vis comment les compagnies se fondaient.
Trois hommes, gardant leur chapeau sur la tête, causent pendant dix minutes. Un quatrième se joint à eux, muni d’un carnet de poche.