Nous entrâmes dans un fiord et découvrîmes un brun village de pêcheurs qui montait la garde entre deux docks, et un policeman sikh.

Tous les habitants étaient des femmes aux joues roses, dont chacune possédait le tiers d’un bateau, et un baby tout entier, enveloppé dans de l’étoffe rouge et attaché sur son dos.

La mère était vêtue de bleu, pour la raison suivante, si son mari lui donnait des coups par dessus les épaules, il y aurait eu bien des chances pour qu’il aplatît la tête du bébé, à moins que l’enfant ne fût d’une couleur différente.

Puis, nous quittâmes tout à fait la Chine, et nous naviguâmes en plein Lochaber, avec un climat correspondant au paysage.

Bonnes gens que rafraîchit le punkah, figurez-vous un instant des promontoires voilés de nuages, et s’avançant dans une mer d’un gris d’acier, crispée par une brise qui râpe les joues, vous oblige à vous asseoir au-dessous des bastingages et à reprendre difficilement haleine.

Figurez-vous le roulis et le tangage d’un petit navire qui va bourdonnant d’île en île ou se lance témérairement à l’entrée d’une baie d’un mille de large, pendant que vous sentez mûrir, au milieu d’un paysage tout nouveau, de propos nouveaux, de physionomies nouvelles, un appétit qui fera honneur au grand Empire sur une terre étrangère.

Nous nous trouvâmes en face d’un autre village qu’on nommait Stanley, mais il était tout autre qu’Aberdeen.

Des maisons inhabitées, en pierre brune, contemplaient fixement la mer du haut des dunes peu élevées, et en arrière rugissait une longue étendue de muraille battue des vents.

Inutile de demander ce que signifiaient ces choses : elles criaient bien haut. C’est un cantonnement abandonné. Sa population est dans le cimetière.

Je demandai :